By Florence Thibaut On lundi, juin 16 th, 2014 · no Comments · In
Michel Kalika

Michel Kalika

Le Business Science Institute, nouveau venu dans le paysage universitaire mondial, a lancé un Executive Doctorate en Business Administration l’année passée. International par essence, le programme s’adresse à des managers dotés d’au moins cinq ans d’expérience et s’organise simultanément dans différents endroits, Luxembourg étant le prochain sur la carte. Ils sont aujourd’hui 23 mangers-doctorants issus de tout secteur à avoir choisi de se lancer dans cette nouvelle formule de thèse.

La formule, mêlant séminaires présentiels et cours à distance, se veut innovante et en rupture avec le monde académique traditionnel. Directement utilisables sur le terrain, le contenu des thèses produites sera publié en ligne. En petits groupes, les rencontres partent de l’expérience pratique des participants et de leurs souhaits de thèmes à creuser. Le moteur de ces rendez-vous est la prise de recul et l’envie de réfléchir sur sa fonction. Réseau éclaté, l’équipe qui coordonne l’Executive DBA se trouve aux quatre coins du monde. 65 professeurs sont d’ores et déjà impliqués. Jusqu’à présent, des chapitres locaux ont déjà été établis en Amérique du Nord, à Dakar, Casablanca, Tunis, Genève et bientôt au Luxembourg fin 2014. Rencontre avec Michel Kalika, à l’initiative du projet et Professeur à l’Université Paris-Dauphine.

A qui s’adresse cet Executive DBA?

Michel Kalika : « Nous ciblons plus particulièrement des cadres en activité. Nous demandons un minimum de cinq ans d’expérience, même si, dans la pratique, la plupart de nos inscrits ont déjà dix ans d’ancienneté. Au niveau des études, le programme s’adresse à des personnes qui ont fait un MBA ou un Master et qui ont pris goût à la réflexion. Compte tenu de leur expérience du métier, nos candidats ont envie de produire de la connaissance et d’entrer dans un processus doctoral. Ils ne veulent pas forcément faire carrière à l’université. Notre projet est en rupture et part du principe que la connaissance scientifique peut aussi émaner du terrain et des managers dans l’entreprise. On assiste à une évolution grandissante sur le plan de la connaissance. La production de savoirs n’est plus l’apanage des académiques. La recherche en management, en particulier, s’oriente de plus en plus vers l’expérience de terrain et des cas d’étude concrets. Pour cela, nous souhaitons ancrer nos travaux dans la réalité des organisations et des pratiques quotidiennes ».

En quoi se différencie-t-il d’une thèse classique?

« Les grandes universités ne se sont pas adaptées à ce type de public. Ces managers ne trouvent pas leur compte dans l’expérience doctorale traditionnelle, qui cible plutôt des jeunes chercheurs qui s’y consacrent à temps plein. Ce sont eux qui viennent avec des idées de sujets. Ils sont dans un métier depuis dix ou quinze ans, ils sont intéressés par des problématiques très particulières. Un de nos inscrits, DRH suisse d’un grand groupe de distribution, va, par exemple, travailler sur l’évolution de la culture interne. La palette de nos sujets est très diversifiée. Certains travaux seront directement utilisables par nos inscrits dans leur fonction quotidienne. Pour le résumer, le lancement de notre projet est le résultat d’un triple constat : il existe une demande internationale grandissante et non satisfaite de cadres disposant d’une expérience professionnelle riche, souhaitant valoriser leur expérience par la préparation d’un travail doctoral. Ensuite, les Universités et les Business Schools accréditées ont du mal à répondre à cette demande du fait des normes auxquelles elles doivent satisfaire. Enfin, des professeurs internationaux de grande qualité sont intéressés à suivre des travaux de cadres ayant une riche expérience professionnelle. Le projet va certainement se développer géographiquement. Nous visons une niche très spécialisée. En multipliant nos zones de présence, nous multiplierons les cibles potentielles. »

Comment se construit le programme?

« Le DBA s’étale sur deux années. La première est consacrée à la clarification du sujet et à la définition des objectifs. Cinq séminaires présentiels de trois jours d’apports de méthodologies et de concepts sont également organisés. La présence physique est utile à ce stade car les membres ne se connaissent pas. Interactives, ces rencontres seront dessinées par les besoins des participants. Souvent, des groupes locaux se créent dans la foulée et les participants se rencontrent de manière informelle. La deuxième année est, quant à elle, dédiée à la rédaction du travail proprement dite avec le suivi individualisé d’un professeur spécialisé dans le domaine choisi. Certains doctorants produiront un ouvrage. L’ensemble des travaux sera mis en ligne. Le but est que ces thèses soient lues et aient un écho sur le terrain. Notre rôle en tant qu’équipe encadrante est d’apporter un support et de faire le matching entre les professeurs d’universités et les candidats. Nous insistons sur le suivi, la réactivité des directeurs de thèse et l’implication à distance. Des compte-rendu mensuels sont prévus. Avoir un accompagnement régulier est essentiel dans ce type de programmes. C’est ce qui fait qu’une thèse aboutisse. A la fin de l’année, nous allons mettre en ligne toute une série de vidéos. Nous avons des ressources exceptionnelles au sein de notre corps académique, nous allons les exploiter davantage. Les managers auront ainsi accès à des cours pointus sur notre site. Ils seront mieux à même de préparer les séminaires en face à face ».

Plus d’infos sur le programme, c’est ici!