By Peoplesphere On lundi, mars 10 th, 2014 · no Comments · In

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Pas mécontent que le mois de février soit derrière nous parce que l’air de rien, on en a entendu quelques belles grosses conneries au cours de ces dernières semaines. Sans doute un des effets secondaires du changement climatique ou plus probablement ce foutu effet de balancier qui génère toujours autant d’absurdité dans nos entreprises…

Il fallait bien que ça arrive. A force de palabrer quant à l’équilibre vie privée/vie professionnelle, voilà que nous observons désormais de grandes entreprises (Total, Siemens,… on peut parler de grandes entreprises, non?…) qui interdisent à leurs collaborateurs de se connecter pendant les weekends et jours fériés. Les bras m’en tombent! Et je n’arrête pas depuis lors de me demander combien d’éminents membres de nos communautés emboîteront ce pas stupide. Au nom de la prévention du stress et des cas trop nombreux de burn out, voilà que nos entreprises décident de réguler l’utilisation des moyens de communication modernes jusque dans les chaumières de leurs collaborateurs.
Comprenons-nous bien. Ce n’est pas tant le côté suicidaire d’une telle mesure sur le plan économique qui devrait nous préoccuper (cela resterait à démontrer par ailleurs !). Il s’agit bien davantage du terrible recul que cela représente en matière de relation de confiance entre l’entreprise et ses travailleurs.

Nous savons que les nouveaux paradigmes du monde de travail ont modifié radicalement l’équilibre de la relation que noue le contrat de travail. Les rapports de subordination et de disponibilité ont cédé la place à de nouvelles formes de liens humains basés sur la coopération et l’engagement volontaire dans la logique win-win-win. Peu importe au final les dénominations que nous utilisons pour décrire ces nouveaux équilibres… Ce qui compte, ce sont les principes de base sur lesquels ils reposent, à savoir en priorité la confiance, l’autonomie et la liberté entre autres.
L’amélioration de la connectivité de nos collaborateurs et la capacité d’activer le lien entre l’entreprise et le travailleur à n’importe quel moment ne peuvent être utilisées à l’encontre de ces principes de base. En clair, la possibilité d’interagir à chaque instant avec l’entreprise ne peut pas être une obligation d’interagir. C’est lorsque cette possibilité devient une contrainte – et soyons de bon compte, les dérives proviennent essentiellement de d’erreurs / perversions managériales – que nous brisons l’équilibre d’une saine relation de travail. Nos collègues doivent être libres et responsables de leurs choix.
Aussi, lorsque l’entreprise décide d’interdire ou de limiter l’usage des outils professionnels en dehors des horaires dits normaux, elle passe un signal extrême d’infantilisation et de perte de confiance envers les capacités de discernement et l’intelligence de ses collaborateurs. Aujourd’hui, je n’arrive toujours pas à décoder cette « nouvelle tendance » autrement que comme une mauvaise interprétation des risques inhérents aux progrès de la communication. Une marche arrière visant à protéger l’entreprise toujours aussi mal à l’aise dans la gestion de ses propres contradictions (soupir, soupir, gros soupir)…

Par Jean-Paul ERHARD – mail to : jpe@peoplesphere.be