By Florence Thibaut On mercredi, avril 16 th, 2014 · no Comments · In
Très concurrentiel, le marché du recrutement à Luxembourg fonctionne à l’image d’un village. Les entreprises y sont nombreuses à avoir des difficultés à attirer, recruter et retenir leurs talents. Les employeurs qui tirent leur épingle du jeu sont ceux qui parviennent à proposer autre chose que les autres et à se présenter comme un employeur « sexy ». Formations, séjours hors Grande Région et flexibilité restent des cartes maîtresses.

PwC Luxembourg fait partie de ces organisations créatives. Le Big Four collabore avec ZiDCard, une plateforme d’e-recrutement dont le crédo est de transposer en ligne des méthodes utilisées par les chasseurs de tête, au bénéfice des entreprises comme des candidats. L’outil aide le consultant à se créer une vitrine attractive. Le Grand Duché dépendant de l’étranger pour ses besoins de recrutement, PwC, comme les autres, est amenée à vendre son image, comme celle du pays, dans toute la Grande Région, mais aussi parfois en Italie ou en Suisse, voire dans un autre continent.
Attirer les bons profils, leur faire connaître Luxembourg, investir en eux et les garder sont des défis quotidiens, la mobilité étant très importante sur le marché. « Chez nous, un jeune collaborateur sur deux est français, un sur cinq est belge ou allemand » indique Régis Malcourant, associé chez PwC Luxembourg, sixième employeur privé du pays. « De manière générale, les entreprises vont de plus en plus loin pour recruter des candidats. Faire connaître la place est un gros travail. Son image de centre financier lui colle encore à la peau, même si, grâce à la présence d’acteurs comme eBay ou Skype, c’est en train de changer. Le brassage de cultures y est très riche, c’est ce qui fait la beauté du recrutement luxembourgeois », déclare Jérôme Pittie, fondateur de ZiDCard. Tour d’horizon des contraintes et des atouts de la place avec nos deux experts.

Hub international

Suite à une concurrence accrue des grands acteurs et à la crise financière qui est passée par là, les entreprises recrutent différemment. Les atouts à faire valoir ne sont plus les mêmes. Epanouissement personnel, voyages, formations, outils IT de pointe sont devenus des arguments de poids. Perçu par beaucoup comme une continuité logique à des études de commerce, le secteur de l’audit et du conseil est généralement bien positionné. « On a l’impression que les générations actuelles viennent davantage chercher une aventure, un défi et une promesse de diversité, remarque Régis Malcourant. Elles sont plus sensibles au bonheur au travail et à l’équilibre entre la vie privée et la sphère professionnelle. Pour les attirer, il faut jouer sur sa perception en tant qu’employeur responsable. Globalement, le secteur de l’audit et des services est bien perçu, en particulier chez les jeunes talents. La technologie peut également jouer un rôle. Elle est partout dans notre domaine, chez les clients et dans l’usage. C’est quelque chose qui peut faire la différence. Nous le constatons sur le terrain, pour être efficace, le recruteur doit entrer dans l’arène et se mettre en danger. Se présenter avec des slides de manière statique ne fonctionne plus ».
Jérôme Pittie le rejoint: « Depuis une dizaine d’années, le panel de candidats s’est élargi, le marché a beaucoup changé. Il y a beaucoup plus de possibilités qu’avant. Les sociétés séduisent en étant franches et ouvertes. Elles sont plus sensibles qu’avant à la notion d’intrapreneurship. Elles recherchent des initiateurs qui proposent de nouvelles expertises et des solutions innovantes ».