By Florence Thibaut On jeudi, juin 12 th, 2014 · no Comments · In
Après un parcours dans l’hôtellerie-restauration, en France et au Luxembourg, et plusieurs fonctions plutôt administratives et commerciales, Jennifer Cunningham plonge dans les ressources humaines en 2009. Aujourd’hui Department Head of Human Resources et General Administration chez Mizuho Trust & Banking (Luxembourg) S.A., elle perçoit son rôle comme celui de facilitatrice et ambassadrice des valeurs de son organisation. Elle est également Administrateur du POG – HR Community of Choice depuis mai 2013, qu’elle envisage comme une extension de sa fonction. Diversité culturelle, refonte de l’employer branding et recrutement ciblé composent son contexte de travail au quotidien.

Au sein des RH de Mizuho depuis un peu plus de trois ans, elle a fait de la diversité un moteur de son département. Société japonaise spécialisée dans les services financiers, le groupe international emploie 125 personnes au Luxembourg. L’équipe RH compte trois collaborateurs à plein temps.« Mon poste est très varié. Sur une même journée, je peux être amenée à recruter quelqu’un, gérer le parking ou participer à une réunion stratégique sur l’organisation future. Je ne m’ennuie pas ! Je dois pouvoir passer de l’annexion d’une nouvelle activité à des problèmes purement humains, comme la maladie d’un proche. Le volet stratégique RH est très présent principalement sous forme de projets ou de conseils. Déjà dans l’hôtellerie-restauration, ce qui m’intéressait était de servir les gens, d’avoir un métier de rencontres et de contacts humains. J’ai eu la chance de croiser des gens qui m’ont fait confiance, notamment chez Mizuho ».
Depuis ses débuts au sein de l’entreprise japonaise, Jennifer Cunningham a voulu mieux faire connaître l’image, le rôle et la plus-value des RH.« Nous avons effectué tout un travail de promotion de nos services en interne, explique-t-elle. Les RH ne sont pas seulement là pour faire un contrat de travail, licencier quelqu’un ou recruter des nouveaux collègues, mais aussi pour s’occuper du bien-être de chacun, ainsi que pour répondre aux besoins de l’organisation. C’est ce message que nous avons souhaité faire passer ». Mobilisant des profils pointus, l’entreprise parvient, néanmoins, à trouver les compétences dont elle a besoin en partie grâce à son réseau.« Ce qui marche assez bien chez nous, c’est la cooptation et les annonces en interne. Nous sollicitons fréquemment les contacts de nos employés ».

« Les RH ne sont pas seulement là pour faire un contrat de travail, licencier quelqu’un ou recruter des nouveaux collègues, mais pour s’occuper du bien-être de chacun, ainsi que pour répondre aux besoins de l’organisation »

Ethique RH

Assez jeune dans le métier, Jennifer Cunningham défend une vision des RH qui respecte les besoins de chacun, des employés à la direction, dans l’intérêt d’un bien-être commun. « Le bien-être commun est une quête permanente du juste équilibre entre diversité, adaptabilité et épanouissement dans la performance. Quand je dois donner un conseil, j’essaie d’envisager toutes les options. Viser le win-win est toujours un facteur de succès. Un RH n’a pas droit à l’erreur. Nos actions positives ne sont pas toujours correctement perçues, par contre, les erreurs sont directement remarquées. Tout doit toujours couler de source. On peut parfois manquer de reconnaissance, mais les échanges quotidiens avec les collaborateurs viennent combler cela. Sentir avoir utile pour quelqu’un n’a pas de prix. C’est la raison pour laquelle j’aime ce métier. C’est un rôle qui doit s’incarner dans une éthique, des valeurs, des compétences. La personnalité a également une place prédominante ».
La fonction réclame un sens du bien commun et un esprit d’équipe, de l’humilité et une patience à toute épreuve, en particulier dans un contexte de travail international.« Travailler avec une culture très différente de la sienne demande souplesse et flexibilité. Se comprendre est un challenge permanent, constate la DRH. Je ne serais rien sans mon équipe. C’est une extension de moi-même. Je ne fais qu’incarner la fonction et représenter les RH dans et hors de l’entreprise. Je fais en sorte de créer un climat de travail sain, créatif et motivant. Mon moteur est de voir mes collaborateurs évoluer. Comme lors de l’éducation d’un enfant, voir quelqu’un dépasser ses limites est une grande source de satisfaction ».

Partager ses idées

Membre du POG, Communauté des RH au Luxembourg, depuis un peu plus d’un an, Jennifer Cunningham participe à l’organisation d’évènements mensuels traitant de sujets dans l’air du temps ou innovants. S’il y a vingt ans, l’association était avant tout spécialisée dans la finance, ses membres sont aujourd’hui issus de tous les pans de l’économie locale. Le Personnel Officers Group se centre sur trois types de rencontres : des petits-déjeuners thématiques, des déjeuners-débats ou des 5 à 7. Depuis l’année passée, un programme semestriel a été dessiné afin de toucher le plus de membres possibles et le Conseil d’Administration repense ses activités pour insuffler une énergie nouvelle. « On attend de nos membres qu’ils proposent des sujets ou des thèmes à creuser. Nous recherchons l’interactivité et l’échange dans toutes nos actions. Comparer les visions RH à l’œuvre dans l’industrie ou le secteur des transports, et combiner les sources d’inspiration est très riche, partage Jennifer Cunningham. Nous fonctionnons comme une vraie entreprise avec une stratégie, des missions et des valeurs ».
Ces derniers mois, le taux de participation a été très important. « C’est un signal très encourageant. On s’investit beaucoup pour proposer des prestations de qualité. C’est comme une vocation pour moi. A travers le POG, je contribue à l’avancement de la fonction RH et ajoute ma petite pierre à l’édifice. Je pense qu’il y a autant de profils RH que d’organisations et pas une seule sorte de bons RH. Ma vision est de rester fidèle à mes valeurs ».