By Florence Thibaut On mardi, juillet 29 th, 2014 · no Comments · In
L'équipe de Girls in Tech à l'ICT Spring

L’équipe de Girls in Tech à l’ICT Spring

Fondé en mars 2014, le chapitre luxembourgeois de Girls in Tech a déjà réussi son lancement. Centré sur entrepreneuriat au féminin, l’informatique et les nouvelles technologies, la plateforme est parvenue à fédérer une communauté de geekettes autour de rencontres, de débats et autres cours de coding. Défendre les femmes dans l’IT, les éclairer sur les perspectives de carrière et les pousser à prendre leur place, tel est le mantra de l’association. Le premier bilan se veut très positif.

Pour renverser la tendance et montrer que les femmes dans l’IT cela existe, Girls in Tech est portée par une équipe de six fondatrices volontaires, toutes animées par l’envie d’entreprendre et d’en découdre avec les clichés : Marie-Adelaïde Gervis, initiatrice de l’idée après l’avoir découverte à Paris et Partner chez Edit Place, une entreprise spécialisée dans le contenu en ligne ; Marina Thiriet, spécialiste du recrutement et à la tête de l’Impactory, un incubateur de start-up; Kasia Kolodziejczyk, co-fondatrice de la start-up gencreo.com ; Laurence Bianchini, docteur en physique et COO de MyScienceWork ; Adina Pasa, active dans le marketing et la publicité, et spécialiste des médias sociaux ; ainsi qu’Annabelle Buffart, IT Manager et initiatrice du café numérique d’Arlon.
« Nous avons eu une très belle première saison. Nous avons pu nouer beaucoup de contacts intéressants. Nos deux gros évènements, le lancement, ainsi que notre conférence « Woman in digital » à l’ICT Spring organisée avec le soutien du Ministère de l’Egalité des chances, ont très bien fonctionné. Avoir un tel soutien public est aussi une belle vitrine sur nos actions. C’est encourageant et cela nous donne encore plus de motivation, introduit Marina Thiriet, Co-Managing Director de Girls in Tech. Nous avons entamé un énorme chantier, on pourrait encore faire bien plus. On ressent une vraie attente. Il nous faut à présent capitaliser sur cette dynamique ».
L’association, qui se veut proche des autres chapitres européens de Londres, Amsterdam ou Paris, vient de lancer un système d’affiliation. La cotisation a été fixée à 40 euros/ personne individuelle et 300 pour une entreprise pouvant inscrire 10 personnes.« L’idée est de donner ainsi accès à nos évènements, mais aussi de soutenir activement la promotion des femmes dans l’IT ».

Oser se lancer

Le constat de départ de l’asbl est simple, le chômage frappe particulièrement les femmes. De l’autre côté du spectre, de nombreux employeurs manquent de personnel qualifié en IT. « En tant que recruteuse, je me suis rendue compte qu’il était souvent très difficile de trouver des profils technologiques. En voulant recruter une femme, c’est encore pire. Les entreprises se privent de la sorte de 50% de la population. Il est clair que les femmes ont très peu accès aux opportunités offertes par le secteur. Elles sont nombreuses à avoir de bonnes idées, mais ne se lancent pas, souvent par aversion au risque ou manque de confiance en elles. L’environnement des start-up est très masculin, cela peut être intimidant. Dans beaucoup d’évènements IT où on va, les hommes constituent une écrasante majorité. Nous changeons ce rapport de force lors de nos workshops », poursuit Marina Thiriet, également consultante dans le cadre du Digital Agenda de la Commission européenne.
Pour combler le décalage, il faut d’abord contourner l’idée répandue que le secteur serait un monde fait pour les hommes, s’attaquer de front à la confiance de nombreuses femmes en leurs compétences techniques, mais aussi améliorer le réseautage, les femmes étant généralement moins actives dans les sphères d’influence et les groupes qui comptent. « Il y a une prise de conscience progressive de l’importance d’avoir un secteur IT plus équilibré. Un mouvement est en marche ».
En Europe, on estime que sur 1000 femmes diplômées, seules quatre seront amenées à rejoindre le secteur de la technologie au sens large. « Se rapprocher d’un réseau permet de se sentir moins seule et de partager son expérience. Il faut faire de sa féminité un atout ». Au Grand-Duché, elles sont également peu nombreuses à se lancer dans entrepreneuriat dans les TIC. Les femmes n’y représentent que 19,2% des entrepreneurs.
Et Marina Thiriet de terminer: « Nous ne sommes pas un mouvement féministe. Favoriser les femmes et leur donner de la visibilité ne veut pas dire rejeter les hommes ! Une plus grande diversité bénéficierait au secteur, à l’économie et à la société dans son ensemble. Je suis convaincue que le Luxembourg dispose de tous les atouts pour devenir un pionnier en la matière et inspirer les autres pays. Les TIC constituent un sujet qui touche tout le monde. L’ensemble des fonctions se digitalise. Mettre à jour ses compétences est important dans tout métier ».
A la rentrée, Girls in Tech organisera un événement informel sur les start-up, ainsi que de nouveaux workshop en coding et une conférence trimestrielle en octobre. Marina Thiriet participera, en outre, à la « EU Code week ».