By Florence Thibaut On jeudi, août 07 th, 2014 · no Comments · In
Nathalie Moraux

Nathalie Moraux

Membre de la Banque Degroof Luxembourg depuis 22 ans, Nathalie Moraux a contribué à créer le département RH, modulé sa fonction de DRH et imprimé sa patte à l’ensemble de la banque. Actuellement, à la tête des RH et du Marketing de la filiale luxembourgeoise, elle siège aussi au conseil d’administration du POG, la Communauté RH du Grand-Duché depuis douze ans et y occupe le rôle de trésorière.

Après une Licence en sciences économiques aux Facultés Universitaires catholiques de Mons, Nathalie Moraux démarre d’emblée sa carrière au Luxembourg. Elle commence d’abord chez Mizuho Financial Group au sein du département Settlement. Elle rejoint ensuite le Groupe Degroof pour ne plus le quitter. Première banque privée indépendante en Belgique, la banque est présente dans six pays et propose une palette de différents métiers : corporate finance, gestion privée ou encore analyse financière. Quand elle commence au sein du département OPC, ils sont à trois. L’équipe compte aujourd’hui plus de 60 personnes.
« On pourrait croire que dans une banque l’argent est roi, mais ce n’est pas la seule chose qui nous intéresse ici. Nous avons des valeurs fortes, comme l’indépendance, le professionnalisme de nos équipes, l’orientation clientèle et l’intégrité, cela paraît évident, mais ce sont des éléments essentiels, en particulier dans le climat actuel où les banques ne sont pas en odeur de sainteté. Aux RH de faire vivre ces valeurs au quotidien et de créer ainsi une belle unité, souligne Nathalie Moraux. On est tous client et fournisseur de quelqu’un d’autre. L’ambiance est plutôt familiale chez Degroof. Le concept de partenariat, en interne comme en externe, est central. On sait qu’on peut tous compter les uns sur les autres ».
Installée Place d’Armes à ses débuts, la banque loue d’abord des appartements pour étendre ses bureaux avant d’acquérir un immeuble au boulevard Joseph II. A l’étroit après quelques années, la banque finit par migrer vers la Cloche d’or en 2003. Ses collaborateurs comptent en ce moment huit nationalités dont 46% de belges, 40% de français et 10% de luxembourgeois.

Assurer les basiques

A ses débuts au sein des RH de la banque belge, Nathalie Moraux a patiemment créé le département en commençant par la base.« Je ne veux surtout pas qu’on dénigre la partie administrative du métier. Elle est fondamentale. Les bases RH doivent répondre aux attentes des salariés. Elles demandent des connaissances en droit fiscal, législations sociales etc. Une fois ce pilier bien établi, nous avons mis au point différents avantages au fil du temps ». La banque Degroof a ainsi été la première institution financière à proposer un salaire à la carte. L’idée était notamment d’offrir une flexibilité à des collaborateurs n’ayant pas accès à du temps partiel réel.
Pour la DRH, tout département RH repose sur trois piliers : administration, relations sociales et stratégie. « Une grande partie du rôle RH se construit au jour le jour. C’est être à l’écoute, trouver des solutions et se montrer proactif. Une partie de mon job consiste à répondre à la stratégie de la banque par des actions RH ».
Si les journées se suivent, elles ne se ressemblent pas. Le métier RH permet de toucher à tout : psychologie, droit, fiscalité, coaching… Et Nathalie Moraux d’embrayer :« aucun jour n’est identique. Une journée type cela n’existe pas quand on est DRH ! On arrive au bureau le matin en voulant travailler sur un dossier et on finit souvent par passer des heures en entretiens. C’est cette diversité qui me fait me lever le matin. C’est passionnant ».

« Une grande partie du rôle RH se construit au jour le jour. C’est être à l’écoute, trouver des solutions et se montrer proactif »

Diversité et complémentarité

En deux décennies, le contexte de travail de la banque a bien changé. Nathalie Moraux a développé ses compétences en parallèle avec la croissance de l’antenne luxembourgeoise. « Le cadre légal a relativement peu changé avec les années, notamment dans le domaine des licenciements. Par contre, mon expérience me permet d’être plus sereine et de mieux accompagner les collaborateurs lors de ce type d’événement. La clé du rôle RH, qui n’est pas toujours confortable, est de réussir à être le point central entre la direction et les collaborateurs. Il faut répondre aux attentes des uns, tout en respectant les droits des autres ».
En 2014, l’équipe RH chez Degroof compte cinq collaboratrices : deux en charge des questions administratives, des salaires aux avantages extra-légaux ; une autre s’occupe de la formation, des évaluations et du recrutement ; et une assistante à mi-temps encadre notamment les avantages liés à la santé et tout ce qui a trait aux absences. « J’encadre également une équipe de quatre hôtesses d’accueil. C’est un service très important puisqu’elles sont le premier contact de nos visiteurs avec la banque. Elles nous suppléent sur différentes tâches administratives. Je m’efforce au maximum de leur offrir une fonction variée et de les impliquer dans la vie de l’entreprise, partage-t-elle. En général, pour qu’une équipe RH fonctionne bien, il faut une complémentarité des personnalités et une diversité de fonctions. Comme dans une famille, il faut que les gens soient différents. Toute action de l’un a un impact sur l’autre. Un acte d’enregistrement d’absence, par exemple, peut avoir un impact sur une fiche de salaire ».
En moyenne, la banque recrute une quinzaine de profils par an. Le turn-over se situe en dessous des trois pourcents depuis 25 ans. Employeur populaire, Degroof attire en moyenne 2200 CV par an. Environ 10% des candidats sont invités pour un entretien et 1% finit par être recruté.
« La diversité, on la vit aussi dans le recrutement. Nous embauchons tant des juniors que des profils de plus de 50 ans. Nous plaçons la personnalité et les compétences sur le même plan. Nous avons la chance d’avoir une excellente réputation. Nous sollicitons souvent le bouche à oreille et le réseau de nos collaborateurs ».

« Pour qu’une équipe RH fonctionne bien, il faut une complémentarité et une diversité de fonctions »

Multiples casquettes

Disposer d’une solide formation en économie est très utile à la DRH. Cela lui permet, notamment, de bien cerner le core business de la banque et d’avoir la confiance de la direction. « Cela me donne une certaine crédibilité. Avoir des notions de base est indispensable pour offrir des formations pertinentes et opérer un recrutement efficace. Il faut savoir de quoi on parle. C’est aussi important vis à vis du management. Je dois avoir la capacité de décortiquer les dossiers ».
L’aspect networking est également un volet important du métier. D’abord présente au sein du POG en tant que membre, Nathalie Moraux a rejoint son conseil d’administration il y a déjà douze ans. « Ma première démarche était plutôt de me nourrir et de recevoir de l’information. Après quelques années, je me sentais plus légitime à partager mon expérience. J’avais acquis une certaine maturité ». Elle n’hésite pas non plus à appeler ses confrères du secteur. « Après vingt ans dans le métier, je connais bien la place et ses acteurs. On s’échange des trucs et astuces par mail et on se rencontre lors de déjeuners. Entre RH, il y a peu de concurrence. On peut vraiment partager des informations. On a presque tous les mêmes objectifs ».
A l’avenir, la tendance est à la polyvalence. Tout professionnel des RH va devoir étendre son portfolio de compétences. « Je pense que le RH sera encore plus expert dans toute une série de matières, touchant à son métier mais aussi à d’autres fonctions. Dans le secteur bancaire, par exemple, il sera davantage amené à maîtriser tout à ce qui a trait à la régulation et aux contraintes qui en découlent, du métier de l’Asset Management aux OPC, achève Nathalie Moraux. Il y a eu pas mal de débordements dans le secteur. Même si une banque comme la nôtre se sent peu concernée, on en subit néanmoins les conséquences. Le DRH doit déjà comprendre les enjeux, savoir ce qu’est Bâle III, ou AIFMD. Pour offrir les meilleurs services à ses clients internes, il n’a pas d’autres choix que d’entrer dans ces matières ».