By Florence Thibaut On mardi, juillet 08 th, 2014 · no Comments · In
Au Luxembourg depuis 13 ans et DRH chez Allen & Overy depuis bientôt deux ans, Magali Maillot est aussi un des piliers de la nouvelle génération du POG, ainsi qu’un soutien de taille pour l’association Dress for Success. Amenée à gérer une population de 85 avocats au sein du cabinet du Magic Circle, sans oublier une cinquantaine d’employés issus de 15 nationalités différentes, elle a notamment pu y développer l’engagement sociétal de l’organisation et renforcer l’image de marque des RH auprès de leurs clients internes.

Diplômée en Ressources Humaines de l’Université de Toulouse, Magali Maillot démarre sa carrière en France en tant que Responsable Recrutement pour Motorola. Elle se dirige ensuite vers le Grand-Duché où elle devient consultante RH chez GRH Management, elle rejoint ensuite un de ses clients où elle endosse la fonction de Head of Recruitment and Development chez Lombard International Assurance. En septembre 2010, elle prend la tête des RH durant deux ans avant de rejoindre Allen & Overy. Depuis lors, elle supervise l’ensemble des questions RH, gère la communication interne RH, étoffe la politique d’engagement et de rétention et assure le recrutement pour le cabinet.
« Mon équipe se compose de trois personnes. Un de mes collaboratrices s’occupe de la paye, ainsi que des obligations administratives, la deuxième gère tous les process transversaux tels que les évaluations et les promotions, et deux personnes à mi-temps organisent tout ce qui est lié au recrutement et à la formation, introduit-elle. Mon rôle est de coordonner tout cela, de développer la politique RH, ainsi que d’encadrer les aspects relationnels et stratégiques. J’envisage mon rôle comme un métier de terrain et de contacts. Aucune journée ne se ressemble, c’est ce qui est excitant. Je pense que la fonction RH va évoluer en endossant de plus en plus de missions stratégiques. Le DRH ira davantage s’asseoir dans les boards et participer à la définition des objectifs de son organisation. J’ai la chance que ce soit déjà le cas au sein du cabinet ».

Population exigeante

Indépendants, les avocats ont des besoins RH particuliers. Souvent débordés de travail et disposant d’horaires plus que remplis, ils attendent de leurs interlocuteurs RH un support efficace et des réponses rapides. « Quand je suis arrivée chez Allen& Overy, j’ai tenu à les rencontrer tous pour me présenter. Certains étaient étonnés de cette démarche. Ils avaient peu ou pas de relations avec le département. J’ai eu envie de relancer la collaboration, partage Magali Maillot. C’est un public exigeant, qui demande aux RH de prouver leur plus-value. Il faut répondre à leurs demandes, mais ne pas oublier pour autant les fonctions de support. Il faut constamment rechercher l’équilibre et trouver la bonne formule entre accompagnement et autonomie. Travailler pour ce type de profils pointus est passionnant ».
Devant constamment être au courant des dernières avancées législatives, les avocats ont des besoins importants de formation. C’est un des axes de développement prioritaire du cabinet. La formation se déroule à deux niveaux, local, en particulier pour tout ce qui a trait aux soft-skills et global. « Avant mon arrivée, la majorité des formations était consacrée aux avocats. Depuis deux ans, nous avons mis sur pied un vrai catalogue constitué de 20 formations et accessible à tous. Il est sorti en ligne il y a peu. Il sera imprimé en version papier à la fin du mois de juillet afin de susciter l’engouement. Nous sommes fiers du travail réalisé ».
Les modules proposés et coordonnés par les RH veulent couvrir un large spectre et vont de « comment réussir un déjeuner d’affaire », à la manière de développer son assertivité.

« Le métier d’avocat est très prenant et parfois stressant, nous faisons tout pour équilibrer cela avec une offre employeur attractive »

Ancrage pratique

De nombreux programmes juridiques et techniques sont organisés en parallèle, à l’échelle du groupe. Les jeunes recrues vont notamment suivre un programme de huit jours à Londres. Ils ont ainsi la possibilité de se construire un réseau interne international. D’autres workshops encadrés par le département « Know-How » se font au Luxembourg. C’est aussi ce département qui s’assure de la gestion de la bibliothèque, de l’approvisionnement des publications, ainsi que de la veille juridique. Et Magali Maillot de poursuivre : « ces formations sont essentielles pour nos jeunes avocats. Bien souvent, ils sont engagés dès leur sortie de l’université, ils ont une très bonne connaissance théorique du droit, mais manquent de vue pratique. Jusqu’il y a peu, il n’y avait pas de suivi, ni d’homogénéisation de ces formations. Nous essayons de formaliser cela ».
30% des avocats étant de nationalité luxembourgeoise, les recrutements des juniors se font principalement dans toute la Grande Région.« Les étudiants en droit ne font généralement qu’une année au Luxembourg, ils sont encouragés à aller étudier à l’étranger. Nous faisons donc souvent des campagnes de recrutement dans les pays limitrophes afin d’aller à leur rencontre ». Comme dans la plupart des cabinets, des soirées plus informelles sont également organisées entre Noël et Nouvel an, lors desquelles les étudiants sont invités à prendre un verre, rencontrer les partners et découvrir les bureaux.

« Notre stratégie est de recruter par la base et d’ensuite former nos recrues »

Attirer des talents

Si la concurrence est rude entre les cabinets du Magic Circle, la réputation du cabinet ainsi que celle de ses partners font la différence. « Luxembourg est un hub financier, beaucoup d’entreprises veulent les mêmes profils. Nous sommes, malgré tout, très pointus dans le choix de nos candidats. Les étudiants qui viennent faire un stage d’été sont notre première source de recrutement. Sur dix candidats recrutés l’année passée, six étaient venus comme stagiaires chez nous ». Chaque été, ils sont en moyenne 30 à venir passer quelques semaines au sein du cabinet. « Ils connaissent alors la société de l’intérieur, son atmosphère ainsi que ses valeurs. On voit comment ils travaillent, leur raisonnement et ce qui les motive. Notre stratégie est de recruter par la base et d’ensuite former nos recrues ».
Pour tenter de déterminer ce qui fait la force d’Allen & Overy sur le marché du travail, la DRH a réalisé des groupes de travail avec des jeunes avocats. « La plupart de nos juniors sont venus chez nous car ils ont des amis qui sont passés par le cabinet, poursuit Magali Maillot. L’ambiance est réputée bonne, cela fait partie de nos atouts. Le réseau compte pour beaucoup. D’autres jeunes m’ont confié que nous avions été les premiers à leur répondre, c’est un avantage comparatif. La réputation de nos associés pèse également dans la balance ».

Responsabilité sociétale

La RSE figure u cœur de la culture d’entreprise du cabinet. Chaque année, Allen & Overy Luxembourg sélectionne une association à soutenir. En 2014, il s’agit d’une asbl active dans l’aide aux sans-abris, Stëmm vun der Strooss. Des matchs de kickers organisés en interne, ainsi que des objets à vendre dans la cafétéria, comme des puzzles ou des livres, contribuent à financer la participation du cabinet à SOS Village d’enfants pour une action spécifique vers l’un de leurs villages en Amérique Latine où le cabinet luxembourgeois dispose d’une antenne. Chacun a l’occasion de contribuer à son échelle. « Nous voulons que tout le monde se sente bien chez nous. Cela passe par des locaux agréables, une ambiance stimulante, des activités corporate de qualité… »
En ce moment, le cabinet héberge l’Institut pour le mouvement sociétal, éditeur de la Charte pour la diversité, qui change de locaux tous les ans.
Récemment, les RH ont également lancé des « semaines bien-être » accompagnées d’activités et de formations courtes. Chaque semestre voit apparaître un nouveau thème lié à l’épanouissement personnel. La prochaine aura trait à la gestion des émotions. « Chaque semaine comporte cinq actions. Nous mixons, par exemple, ateliers sophrologie et présentations théoriques avec un coach. Jusqu’à présent, nous avons réussi à avoir un bon taux de participation, ce qui constitue toujours un challenge avec des horaires comme les nôtres. Le métier d’avocat est très prenant et parfois stressant, nous faisons tout pour équilibrer cela avec une offre employeur attractive ».
De manière personnelle, Magali Maillot a choisi de s’engager pour l’association Dress for success en étant bénévole. C’est aussi une des organisatrices de la nouvelle mouture du POG. L’association prépare notamment un dossier sur les outils de recrutement pour la rentrée ainsi qu’un événement autour de la maladie au travail. « Nous réalisons un brainstorming chaque mois lors de notre conseil d’administration. Nous essayons toujours de mixer sujets techniques et juridiques, mais aussi liés au développement personnel, achève la DRH. Nous échangeons énormément entre nous. Cela demande une grande implication, cette année, j’avais cinq évènements à organiser, mais c’est une grande source d’enrichissement. Dans la même logique, nous avons également initié un club de networking entre DRH de grands cabinets juridiques. Nous nous voyons à quatre pour discuter de problématiques communes au secteur comme l’encadrement de stagiaires ou les évolutions régulatoires. C’est très riche ».