By Peoplesphere On jeudi, octobre 09 th, 2014 · no Comments · In
En aout 2014, l’UE-28 comptait près de 5 millions de jeunes chômeurs (âgés de moins de 25 ans), dont 3,3 millions dans la zone euro. Cela représente un taux de chômage de 21,7 % (23,2 % dans la zone euro). Plus d’un jeune Européen sur cinq sur le marché du travail ne parvient pas à trouver un emploi; en Grèce et en Espagne, cette proportion est d’un jeune sur deux. Cela signifie qu’environ 10 % des jeunes âgés de moins de 25 ans sont au chômage en Europe. Au cours des quatre dernières années, le niveau d’emploi des jeunes a globalement baissé trois fois plus que celui des adultes. La garantie pour la jeunesse portée par la Commission entend apporter un élément de réponse.

Dans le cadre du dispositif de garantie pour la jeunesse, les États membres devraient veiller à ce que, dans les quatre mois suivant leur sortie de l’enseignement formel ou la perte de leur emploi, les jeunes âgés de moins de 25 ans puissent soit obtenir un emploi de qualité correspondant à leur formation, à leurs compétences et à leur expérience, soit acquérir les connaissances, les compétences et l’expérience requises pour trouver un emploi ultérieurement grâce à un apprentissage, un stage ou une formation continue. La garantie pour la jeunesse est tant une réforme structurelle visant à améliorer nettement le passage de l’école au monde du travail qu’une mesure de soutien immédiat à l’emploi des jeunes.
Elle s’inspire d’expériences menées avec succès en Autriche et en Finlande, qui ont démontré qu’investir dans des mesures favorisant la transition des jeunes de l’école vers le monde du travail était une opération rentable. La garantie finlandaise pour la jeunesse s’est traduite par une baisse du taux de chômage des jeunes, 83,5 % d’entre eux ayant trouvé un emploi, un stage, un apprentissage ou une formation complémentaire dans les trois mois suivant leur inscription au chômage.

Réforme structurelle

La recommandation sur l’établissement d’une garantie pour la jeunesse a été officiellement adoptée par le Conseil des ministres de l’UE le 22 avril 2013 (voir MEMO/13/152) sur la base d’une proposition formulée par la Commission en décembre 2012 (voir IP/12/1311 et MEMO/12/938) et entérinée en juin 2013 par le Conseil européen. Dans la plupart des États membres, la mise en place de la garantie pour la jeunesse exige des réformes structurelles profondes des systèmes de formation, d’enseignement et de recherche d’emploi afin d’améliorer considérablement le passage de l’école au monde du travail et l’employabilité des jeunes. Ces réformes ne peuvent se faire en un seul jour.
Dans certains États membres, le fonctionnement des services publics de l’emploi doit notamment être réformé afin de fournir à chaque jeune des conseils personnalisés appropriés concernant les possibilités d’emploi, d’éducation et de formation les plus adaptées à son cas, débouchant sur une offre d’emploi concrète et sur mesure dans les quatre mois. La décision visant à aider ces services à optimiser leur fonctionnement par une coopération plus étroite, proposée par la Commission en juin 2013 et adoptée en mai 2014, peut constituer un outil précieux (voir IP/13/544 et IP/14/545).
Des réformes structurelles devront également être introduites pour améliorer la qualité et la quantité des opportunités d’apprentissage ainsi que d’enseignement et de formation professionnels. Les États membres doivent veiller à apporter aux jeunes les compétences recherchées par les employeurs.

Recommandations multiples

Précisément parce que la garantie pour la jeunesse est une réforme structurelle, la Commission a adressé des recommandations spécifiques sur sa mise en œuvre à huit pays (Espagne, Italie, Slovaquie, Croatie, Portugal, Pologne, Bulgarie et Irlande) en 2014. Toutes les informations détaillées concernant l’examen de la mise en œuvre de la garantie pour la jeunesse dans tous les États membres qu’a effectué la Commission dans le cadre du semestre européen sont disponibles ici.
Parmi ces mesures, on citera des politiques volontaristes de l’emploi, le renforcement des services publics de l’emploi, le soutien aux programmes de formation et d’apprentissage, la lutte contre le décrochage scolaire et la mise en place de stratégies de communication, autant d’éléments susceptibles de contribuer au succès de la garantie pour la jeunesse. Les recommandations ont aussi pressé les États membres de réfléchir à des moyens de pallier la segmentation des marchés du travail, qui rend les jeunes beaucoup plus vulnérables.

Investir sur le futur

Il va de soi que la garantie pour la jeunesse aura des répercussions budgétaires pour les États membres (l’Organisation internationale du travail a estimé à 21 milliards d’euros annuels les frais de mise en place de ce dispositif dans la zone euro). Cependant, le prix de l’INACTION est encore plus élevé. La Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail (Eurofound) a calculé que les pertes économiques liées aux millions de jeunes NEET présents dans l’Union dépassaient 150 milliards d’euros en 2011 (soit 1,2 % du PIB de l’Union), compte tenu des allocations versées et des pertes de production.
S’ajoutent à ces pertes les coûts à long terme du chômage, tant pour l’économie que pour la société et les individus concernés, dont un risque accru de chômage et d’appauvrissement. Le coût de l’inaction est donc très élevé: la garantie pour la jeunesse est un investissement. La Commission juge ces dépenses indispensables pour permettre à l’Union de préserver son potentiel de croissance future. Un concours financier substantiel de l’UE – notamment via le Fonds social européen et dans le contexte de l’Initiative pour l’emploi des jeunes (voir ci-après) – peut certes contribuer à la réalisation de cet objectif. Néanmoins, pour que la garantie pour la jeunesse se concrétise, il importe que les États membres accordent eux aussi une importance prioritaire dans leur budget à l’action en faveur de l’emploi des jeunes.